Les archétypes de Jung se reflètent dans chaque lame du jeu de tarots
Tarot et psychologie

Les archétypes de Jung se reflètent dans chaque lame du jeu de tarots

François 21/05/2026 9 min de lecture

Une synthèse directe du sujet

  • Carl Jung voyait dans les arcanes du tarot un reflet des archétypes universels présents dans l'inconscient collectif.
  • Le tarot suit la progression du Voyage du Héros, miroir du processus jungien d’individuation.
  • Une lecture jungienne du tarot n’oriente pas vers le destin, mais vers ce que l’on est aujourd’hui.

On dit souvent qu’un simple jeu de cartes peut révéler l’âme. Pas par magie, mais par résonance. Sur les vingt-deux arcanes majeurs du tarot, chacun semble toucher une corde sensible de notre psyché, provoquant parfois un frisson de reconnaissance immédiate. Ce n’est pas un hasard. Ces figures ancestrales ne sont pas là pour prédire l’avenir, mais pour refléter ce que nous sommes, ce que nous refoulons, ce que nous aspirons à devenir. C’est précisément là que la psychologie de Carl Gustav Jung entre en jeu.

La correspondance entre psychologie jungienne et symbolisme du tarot

Carl Jung n’a jamais prétendu avoir conçu le tarot, mais il voyait dans ses images un langage universel, un miroir de l’inconscient collectif. Selon lui, ce que nous appelons archétypes - des schémas psychiques fondamentaux présents en tout être humain - se retrouvent dans les mythes, les rêves, les contes… et dans les grandes lames du tarot. Chaque carte devient alors bien plus qu’un présage: elle agit comme un révélateur, faisant remonter à la conscience des fragments de nous-mêmes longtemps oubliés.

L'inconscient collectif comme source des images

Pour Jung, l’inconscient n’est pas uniquement personnel. Il existe une couche plus profonde, partagée par l’humanité entière: l’inconscient collectif. C’est de là que surgissent les archétypes - figures universelles comme le Héros, la Mère, le Sage ou l’Ombre. Le tarot, dans cette perspective, devient un outil d’exploration intérieure. Tirer une lame, c’est comme plonger un filet dans cet océan profond et en ramener une image portée de sens. L’imagerie des cartes, chargée de symboles, résonne avec des parties de nous que les mots seuls ne parviennent pas à atteindre.

Archétype jungienLame de tarot associéeÉnergie psychologique
L’Anima / AnimusLa Papesse / L’EmpereurLa dimension féminine et masculine en soi, source d’intuition et d’équilibre
Le Vieil Homme SageL’ErmiteLa quête de sens, la sagesse intérieure, le besoin de retrait pour écouter
L’OmbreLe DiableLes parts refoulées, les peurs, les addictions, les schémas inconscients

Ces correspondances ne sont pas rigides ni dogmatiques - elles invitent plutôt à la réflexion. Le Diable, par exemple, n’est pas le mal incarné, mais une image puissante de ce à quoi on reste attaché malgré soi: une relation toxique, une croyance limitante, une peur paralysante. L’important n’est pas de croire au symbole, mais d’observer ce qu’il déclenche en soi.

Le voyage de l’âme à travers les lames de tarot

Le tarot ne se contente pas de dresser un portrait psychologique. Il propose un parcours, une narration initiatique. Les arcanes majeurs forment une séquence, un voyage - souvent appelé le « Voyage du Héros » ou, selon Jung, le chemin de l’individuation.

L'individuation par le Mat

L’individuation est le processus par lequel on devient soi-même, en intégrant les différentes facettes de sa personnalité. C’est ce que symbolise Le Mat, le premier arcane. Ce personnage marche vers l’inconnu, un petit sac sur l’épaule, un chien aux talons. Il ignore les précipices. Il avance. Pour Jung, cette figure représente l’âme en marche: naïve, fidèle à elle-même, malgré les dangers. Le Mat, c’est l’innocence d’aller vers soi, malgré les obstacles internes et externes.

Les arcanes majeurs: jalons de l’évolution

Chaque lame suivante marque une étape de transformation. La Maison-Dieu, par exemple, représente une chute - mais pas une fin. Elle fait écho aux moments où tout s’effondre: une rupture, un chômage, un deuil. Mais selon la lecture jungienne, cette chute est nécessaire. Elle brise les masques, détruit les certitudes. Elle ouvre la voie à quelque chose de plus authentique.

À l’inverse, Le Soleil incarne l’accomplissement, la clarté, la joie retrouvée après l’obscurité. Elle n’est pas un simple bonheur superficiel, mais le fruit d’un travail intérieur. Ces cartes ne racontent pas une histoire extérieure, mais le développement interne: conflits, épreuves, victoires et renaissances.

Le dialogue avec l’inconscient

Jung a développé une méthode appelée l’imagination active: il s’agit de converser avec les figures de l’inconscient, comme on parlerait à une personne. On peut appliquer cela au tarot. Contempler une lame, ce n’est pas seulement l’interpréter, c’est entrer en relation. On peut se demander: Qui suis-je dans cette carte? Que me dit cette figure? Où est-ce que je vis cela dans ma vie? Ce dialogue intérieur, loin d’être ésotérique, est une pratique psychologique puissante pour gagner en conscience de soi.

  • Identifier les blocages émotionnels enfouis ou répétitifs
  • Clarifier ses émotions parfois confuses ou contradictoires
  • Prendre du recul sur son histoire personnelle pour mieux la comprendre
  • Renforcer sa connexion à l’intuition et à ses propres ressources

Pratiquer le tarot comme un miroir de soi

On utilise souvent le tarot pour savoir ce qui va arriver. Pourtant, une lecture jungienne l’envisage différemment: non comme un oracle, mais comme un miroir. Le futur qu’il reflète n’est pas écrit, il est en train de se former - à partir de ce que l’on est aujourd’hui.

De l'outil de divination à l'outil de croissance

Plutôt que de demander « Vais-je trouver un emploi? », on peut s’interroger: « Qu’est-ce que cette recherche révèle de moi? Qu’est-ce que je crains? Qu’est-ce que j’espère profondément? » Le tarot devient alors un catalyseur d’introspection. Un tirage régulier - même simple, une carte par jour - peut devenir un rituel de présence à soi. L’image agit comme un déclencheur: elle met en mots ce que le rationalisme laisse de côté.

Le véritable pouvoir du tarot, selon cette approche, réside dans sa capacité à rendre visible ce qui est invisible: nos désirs cachés, nos peurs silencieuses, nos ressources insoupçonnées. C’est ce que Jung appelait le miroir de l’âme. Pas pour voir l’avenir, mais pour mieux voir qui l’on est.

Les questions des utilisateurs

Vaut-il mieux utiliser le Tarot de Marseille ou le Rider-Waite pour cette approche?

Le choix dépend de votre sensibilité. Le Tarot de Marseille, avec ses motifs géométriques et ses chiffres, invite à une réflexion plus abstraite et symbolique. Le Rider-Waite, en revanche, offre des scènes illustrées riches en détails psychologiques, ce qui facilite l’identification émotionnelle et l’imagination active. Pour une approche jungienne, le Rider-Waite est souvent privilégié, car ses images parlent directement à l’inconscient.

Est-il possible de faire ce travail psychologique seul ou faut-il un thérapeute?

Il est tout à fait possible de commencer seul, surtout avec une pratique régulière et du recul. Cependant, certaines cartes - comme Le Diable ou La Maison-Dieu - peuvent faire remonter des contenus inconscients forts. Dans ces cas, être accompagné par un thérapeute formé à la psychologie analytique peut éviter l’écueil du déni ou de la dramatisation. Le travail sur soi gagne en profondeur avec un regard extérieur bienveillant.

Combien de temps faut-il consacrer quotidiennement à l’étude des archétypes?

Quelques minutes suffisent pour commencer. Observer une lame, s’interroger sur ce qu’elle évoque, noter une intuition dans un carnet - ce geste simple, répété, est bien plus puissant qu’une longue séance rare. La régularité compte plus que la durée. Avec le temps, les archétypes deviennent familiers, et leur langage, fluide.

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